Exclu Steven Moreira : « La haine se transforme en dalle, la dalle se transforme en réussite. »

Un téléphone, un ordinateur, et un appel vidéo. Voila, comment j’ai obtenu un échange simple, franc et rafraîchissant de mon ami Steven Moreira (défenseur du Toulouse FC). Même s’il avoue qu’il a encore des progrès à faire dans plusieurs domaines de son jeu, il est conscient qu’il possède tous les ingrédients pour aller plus haut. 

Je me suis donc hissé dans l’intimité du défenseur toulousain qui s’est naturellement prêté au jeu en répondant en toute décontraction à mes questions. Allons donc à la découverte du natif de Noisy-le-Grand en Seine-Saint-Denis.

ENFANCE

 

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©tfc.info

Comment s’est déroulée ton enfance ? 

Alors, j’ai débuté dans le football à l’AS Champs Sur Marne à l’âge de 5-6 ans. J’ai évolué la bas de débutant jusqu’à ma première année en benjamin. Ensuite, je suis parti à l’US Torcy où j’ai fait toutes mes classes.

Comment le foot est venu à toi ?

Quand j’étais petit, je sortais souvent dehors pour jouer avec mes amis. Et à chaque fois, on allait jouer au terrain de foot le plus proche de chez nous. Tout part de là. Et à force de jouer au quartier avec les potes, j’ai décidé de me lancer sérieusement dans le foot.

Petit, comment imaginais-tu ta vie ? Tu te voyais devenir un joueur professionnel de football ? 

Non pas forcément, mais j’étais persuadé que j’allais passer à la télé un jour. J’ignorais comment (rire) mais je m’étais mis ça en tête ; que j’allais un jour passer à l’écran.

FORMATION

 

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©rennes.maville.com

Comment as-tu été recruté par le Stade Rennais ? 

A cette période j’étais en 14 fédéraux à l’US Torcy. C’était lors d’un match face au FC Metz. Le recruteur du Stade Rennais était dans les tribunes, et il est parti se renseigner auprès de mes dirigeants pour savoir si quelqu’un de ma famille était dans les tribunes. On lui a dit que mon grand frère était la, et du coup il est partit discuter avec lui. A la fin du match, il a pris les coordonnées de mon frère, mais il ne m’en a pas parlé tout de suite. Et d’ailleurs il ne m’a rien dit pendant un bon moment. Je ne sais même plus combien de temps cela a duré. Donc après ça, j’ai rencontré le recruteur de Rennes plusieurs fois. Il est venu à la maison, il a discuté avec mes parents et puis voilà ça s’est fait comme ça. En réalité, à cette époque, j’aurais préféré signer au Paris Saint-Germain ou à l’AS Monaco, mais mon frère et ma mère étaient contre.

Pourquoi ?

Le projet rennais correspondait à ce que mes parents voulaient. Un cadre structuré et sérieux. Enfaite, ils ne voulaient pas le PSG car j’allais être dans la région où se trouve tous mes amis. Et pour éviter que je fasse des bêtises (rire) , ils préféraient que j’aille à Rennes.

Comment s’est passée ta formation à Rennes ? 

Ça s’est super bien passé. A part le premier mois, ou j’étais complètement perdu. Je ne savais pas ou j’étais et je ne comprenais pas les règles (sourire). J’étais tout le temps puni. Par exemple, le lendemain de mon arrivée, je ne me suis pas présenté au petit déjeuner. Je me suis dit « Ce n’est peut être pas obligatoire ». Et du coup, je suis parti directement à l’entrainement et après ça, j’ai tout de suite été dans le viseur de mes éducateurs. Franchement, les premiers mois étaient compliqués. Mais j’ai finis par comprendre, et à me mettre dans le rang et tout s’est très bien passé par la suite.

Y-a t-il un moment particulièrement difficile qui t’a marqué ? 

Pour moi ce sont les premiers mois. J’arrivais de Paris et je me suis vite rendu compte que ce n’était pas le même monde par rapport à Torcy ou à Champs sur Marne. J’ai dû apprendre et respecter un nouveau mode de fonctionnement. Ne pas être en retard, se lever tôt et à des heures précises, des petites choses comme ça…

Une personne t’a marqué durant ta formation ? 

(Il réfléchit) Je dirai Yannick Menu, celui qui m’a fait venir au club et aussi Régis Le BrisEn réalité, je pourrais dire tous les coachs que j’ai eu.

STADE RENNAIS

 

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©letelegramme.fr

Comment as-tu réagi lorsque tu as appris que tu allais disputer ton premier match avec les pros ? 

En vrai, je me suis entrainé tôt avec les pros. On avait fait un match d’entraînement CFA contre les pros, et ça s’était super bien passé pour moi ce jour là. J’étais au marquage de Romain Alessandrini, et j’avais réussis à le serrer. Du coup après le match, le coach Fredéric Antonetti annonce à Timoué Bakayoko et moi qu’il nous prend avec les pros. Mais je me souviens d’un jour où je devais m’entrainer mais j’étais malade. Je n’ai pas pû aller sur le terrain mais je voulais absolument y aller, même diminué. Le coach savait que j’étais pas bien du coup je suis parti le voir, mais il m’a dit que c’était trop tard et qu’il m’avait déjà remplacé par un autre joueur pour le prochain match. J’étais tellement déçu car je me disais que c’était ma chance et que c’était l’occasion ou jamais. J’ai alors supplié le coach et tenté de le convaincre que j’étais en forme. Il m’a dit de ne pas m’inquiéter et qu’il y’aurait une prochaine fois. Et puis un jour, je m’entrainais avec la CFA, et le coach adjoint de l’équipe première vient me voir et me dit « Steven, il faut que tu viennes avec nous, il y’a Romain Danzé (capitaine du Stade Rennais à l’époque) qui est malade, tu vas le remplacer. » Donc je me prépare et je vais rejoindre le groupe à l’Hôtel. J’arrive, tout le monde me félicite, et je croise le coach. Il me dit « Tu vois je t’avais dit que j’allais te reprendre. » (Il sourit) Je l’ai remercié.

Et comment ce sont passés tes premiers pas sous les couleurs rennaises ? 

C’était un match ou il y’avait de nombreux blessés. Un match à Valenciennes. Le coach fait sa compo en disant qu’il a aligné les meilleurs joueurs aujourd’hui. J’ai débuté le match sur le côté gauche de la défense. Ma prestation avait été plutôt bonne. Pendant le match on avait pris un premier carton rouge ce qui a fait que je me suis retrouvé latéral droit. Puis on a pris un second carton rouge et je me suis retrouvé en défense central aux cotés de Alou Diarra. Après cette rencontre, je prends part aux 3 derniers matchs de la saison, notamment un où on joue à domicile contre Ajaccio et je suis une nouvelle fois positionné sur le coté gauche. Je fais d’ailleurs ma première passe décisive en tant que joueur professionnel à Mevlüt Erdinç.

En 2016, tu quittes ton club formateur pour signer à Lorient. Pourquoi ce choix ? 

A Rennes, j’étais un peu dans mon cocon. Je jouais à pratiquement tous les postes de la défense et même au milieu. A là base, je voulais partir dès la fin de saison. J’avais déjà discuté avec le président. j’avais l’opportunité de signer à Lille, mais cela ne s’est pas fait. J’ai eu un entretien avec Christian Gourcuff, et il m’a dit qu’il ne voulait pas que je parte et qu’il comptait sur moi.  Je me suis donc dit que je ne partirais peut-être pas et que j’allais commencer la saison avec Rennes. Mais dès les premiers matchs, j’ai vu que j’étais sur le banc. Donc j’ai décidé d’aller voir le coach pour lui dire ce que je ressentais. Depuis le début, Lorient a toujours montré sa volonté de me recruter. Je me suis dit que c’était un club familial et que c’était peut-être une bonne idée d’y aller pour devenir un titulaire régulier dans un club de haut niveau.

LORIENT FC

FOOTBALL : Steven Moreira (Stade rennais) signe au FC Lorient - 30/08/2016
Football.FC Lorient.

 

Tu arrives à Lorient lors de la saison 2016-2017. Comment as-tu été accueillis dans l’effectif ? 

Quand je suis arrivé le championnat avait déjà commencé. Je crois qu’il y’avait déjà eu 3 ou 4 matchs. Franchement, j’ai été super bien accueilli. je considère Rennes comme mon club de coeur mais Lorient fait parti des clubs pour lesquels j’ai beaucoup d’estime.

A Lorient, tu t’es imposé rapidement dans le système de Bernard Casoni. Que retiens-tu de cette saison sous ses ordres ? 

Malgré la descente en Ligue 2 en fin de saison, je ne retiens que des choses positives dans mon apprentissage avec lui, même sur l’aspect humain.

Et comment as-tu vécu la descente en ligue 2 ? 

Ça a été compliqué quand même. A Lorient, il y’a vraiment beaucoup d’engouement autour du football. J’étais très déçu surtout pour les supporters. Je les apprécie énormément. Je me souviens même, qu’un jour ou j’étais suspendu, j’étais parti voir le match avec eux en tribune avec le Kop. J’avais vraiment créé quelque chose avec eux. Du coup, il fallait qu’on bosse encore plus pour les supporters pour se rattraper.

La saison qui suit, il y’a un nouveau coach, Michael Landreau. Quels sont les souvenirs que tu gardes de lui ? Que t’a t-il apporté ? 

Il était très exigent. Il me le rappelait souvent d’ailleurs. Il me disait souvent que j’étais un très bon joueur et que je pouvais faire beaucoup mieux, que je me contentais de ce que je savais faire et que je me mettais jamais « dans le rouge. »

Et vous aviez une bonne relation ?

Oui, le courant passait plutôt bien.

TOULOUSE FC

 

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©mercato365.com

En août 2018, tu franchis un cap. Tu reviens en Ligue 1 en signant au Toulouse FC. Comment s’est fait ce transfert ? 

A la base, je ne devais pas aller à Toulouse. J’étais en partance pour Reims, où j’avais visité les infrastructures. J’avais rencontré le président, le coach, le directeur sportif et j’avais même vu les joueurs dans le vestiaire. Puis un jour, il y’a eu un coup de fil de Toulouse.

Qui t’a appelé ?

Le président et l’entraîneur. J’avais aussi une proposition de l’Espanyol de Barcelone.

Ça ne t’intéressait pas d’aller à l’étranger à ce moment là ? 

Franchement évoluer un jour à l’étranger ça m’intéresse. Mais comme je sortais de Ligue 2 à ce moment là, je me suis dit que le mieux était de faire au moins une année en France encore afin de m’affirmer un peu plus. Sinon, ça s’est fait rapidement avec Toulouse. Le seul regret que j’ai, c’est que je suis arrivé à Toulouse sans préparation. J’étais totalement en décalage avec mes coéquipiers.

C’est pour cela que tu as disputé seulement 13 matchs l’année dernière ? 

Oui 13 matchs. Non concrètement je n’étais pas prêt, j’ai eu de nombreux pépins physiques. J’en avais tout le temps. C’était une année très compliquée. Et en plus, le club était dans une mauvaise posture, donc c’était difficile de changer les choses.

Cette année, vous avez un nouveau coach, Antoine Kombouaré qui a une réputation de guerrier et de meneur d’hommes. Que penses-tu de lui ? 

C’est un meneur d’hommes, quelqu’un de franc. Quand il a quelque chose à dire, il le dit. Et au niveau football, c’est vrai qu’il a l’esprit combatif, mais on est une équipe qui joue au ballon. Même si on est dans une situation inconfortable, on peut voir qu’on marque beaucoup de buts et que le jeu est porté vers l’avant.

Et quelles différences fais-tu entre lui et Alain Casanova ?  

(Il réfléchit) Honnêtement je ne sais pas trop pour le moment.

Et sur le plan tactique ? 

Avec Alain Casanova on était souvent alignés en 3-5-2 ou en 4-3-3 tandis qu’avec Antoine Kombouaré c’est plus du 4-4-2.

Quel est le joueur qui t’impressionne le plus dans l’effectif ? 

(Il n’hésite pas) Ibrahim Sangaré.

Je pensais que tu allais aussi me citer Max-Alain Gradel. 

Non, mais il m’impressionne aussi. Car malgré son âge (32 ans), c’est quelqu’un de très exigent avec lui même et avec tout le monde. Il tire le groupe vers le haut. Et ce que j’aime bien chez lui, c’est qu’il s’entraine toujours à fond.

STYLE DE JEU

 

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©gettyimage.fr

Dans les catégories de jeunes, je t’ai connu en tant que numéro 6…

(rire) J’ai beaucoup changé de postes.

Mais maintenant tu es latéral droit. Comment définirais-tu ton style de jeu ? 

Un latéral qui se projette vers l’avant, rapide, puissant avec un bon niveau technique.

Avec tes différents coachs, tu as souvent joué piston droit dans une défense à 5 ou latéral dans une défense à 4. Quelle est ta préférence ? 

Je pense qu’avec mes caractéristiques, je préfère le rôle de piston car on a moins d’efforts à faire. Néanmoins je dois encore progresser sur le plan défensif.

 Qu’est qu’un bon latéral pour toi ? 

Pour moi, c’est un joueur qui verrouille bien son côté et qui fait peur à son adversaire direct. C’est aussi quelqu’un qui est capable de jouer le long de la ligne mais qui est aussi à l’aise en venant à l’intérieur du jeu. Il doit avoir une bonne qualité de centre.

 De quel(s) défenseur(s) t’inspires-tu ?  

Philipp Lahm. Et maintenant je dirais Trent-Alexander Arnold.

Est-ce que tu analyses les attaquants adverses avant un match ? 

Non pas forcément. Mais ça peut m’arriver pour certains joueurs. Ceux qui sont moins connus ou qui varient beaucoup leur jeu par exemple.

Quel est l’adversaire qui t’as le plus impressionné ?

J’avais affronté Javier Pastore. Je ne comprenais pas son football, il est imprévisible le mec. Franchement c’est l’un des plus forts que j’ai affronté.

Par curiosité, que penses-tu de Kylian Mbappé ? 

Il est super fort. Mais il ne m’a pas impressionné. J’ai une petite anecdote à ce sujet. Je me souviens lors d’un match d’avoir accéléré au même moment et je me suis retrouvé au même niveau que lui.(rire)

CONCLUSION

 

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Tu es français donc j’imagine que ton rêve est d’intégrer le groupe France un jour. Dans quel domaine dois-tu t’améliorer pour pouvoir être appelé un jour par le sélectionneur ? 

Dans le domaine défensif, dans la régularité et je dois enchainer les bonnes performances. Aller peut-être dans un club sans offenser Toulouse avec plus de visibilité et qui joue les premiers rôles en championnat.

Tu n’as pas encore remporté de trophées dans ta carrière. Quel trophée te fait le plus rêvé ?

La Coupe du Monde sans hésiter.

Et la Ligue des Champions ? 

Si ça fait rêver, mais la Coupe du Monde c’est un événement mondial, c’est mon pays c’est différent.

As-tu des regrets ? 

Les finales perdues. Avec les U19 et la Coupe de France avec Rennes.

Si tu n’avais pas été footballeur, qu’aurais-tu fait ? 

(rire) Franchement je ne sais pas, peut-être dans la musique, dans le rap qui sait.

Si tu devais finir l’interview sur une phrase qui te représente tu dirais quoi ?

(Il réflechit) La haine se transforme en dalle, la dalle se transforme en réussite.

 Si tu devais te donner une note à cette interview ? 

Je ne sais pas, 8 peut-être (rire).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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